Le covoiturage dans l'Arc jurassien

Découvrez notre carte interractive

Par ici
Doubs à sec : phénomènes de plus en plus fréquents (et ce n’est pas fini)
7 septembre 2021

Doubs à sec : phénomènes de plus en plus fréquents (et ce n’est pas fini)

Culture

Dans le Haut-Doubs, le Doubs a disparu de son lit de circulation habituelle entre Arçon et Ville-du-Pont. Un phénomène qui n’est pas nouveau, bien identifié, mais qui pourrait s’intensifier à l’avenir.

Alors que l’été tente une percée en ce début septembre, les images du Doubs à sec font froid dans le dos. Voir des pans de rivière asséchés dans le Saugeais, entre Arçon et Ville-du-Pont où le défilé d’Entre-Roches offre des perspectives rarement vues, fait toujours effet. Sans parler des poissons morts ici et là. Le phénomène paraît d’autant moins compréhensible que les mois de juin et juillet ont été marqués par des précipitations exceptionnelles. Et des épisodes de crues. Des phénomènes eux aussi extrêmes, qui ont retardé ces autres phénomènes extrêmes opposés. Mais pas empêchés.

Un phénomène qui date d’un siècle

Sauf que ce serait oublier que le Doubs à sec n’est, hélas, pas nouveau. « La perte du Doubs est documentée depuis un siècle », résume Olivier Billot. Le vice-président de l’ Epage Haut-Doubs - Haute-Loue , qui inclut ce phénomène dans une zone plus vaste qui va du barrage du lac de Saint-Point à  Morteau, explique que la collectivité a vu le phénomène arriver depuis sa prise en charge du dossier, en 2013. Il y a eu cette année 2018 d’importantes sécheresses, « où l’on a battu les records de niveau le plus haut et le plus bas du lac la même année qui nous a amené à émettre une suspicion de failles sur le secteur.

Les années 2019 et 2020 où le débit au sortir du lac passe de 1,6 m3 à 2,5 m3 pour quelques dizaines d’hectolitres à zéro à Ville-du-Pont vont confirmer ces craintes. Et c’est pareil pour le présent épisode. « Son déclenchement est plus soudain, en à peine huit jours, mais “grâce” aux fortes précipitations de cet été, il intervient plus tardivement dans l’année », poursuit Olivier Billot.

Preuve que le phénomène est prégnant, une nouvelle faille a été identifiée la semaine dernière. Et traitée puisqu’une équipe est venue pour y remettre des matériaux afin de « colmater » ce qui peut l’être. « Ces problèmes sont liés au substrat géologique et à ce sol karstique qui fait que l’eau a tendance à disparaître de la surface des sols. On a beau tenter de boucher ces failles, on ne veut pas non plus bétonner toute cette partie du Doubs », poursuit Cyril Thevenet. Le directeur des services de l’Epage explique ainsi que l’objectif de ces interventions est d’éviter de voir ces « zones de total à sec » émerger et d’assurer un débit minimum qui permettrait à la vie alentour de l’écosystème de perdurer, à défaut de se développer. Bref, de quoi assurer un minimum syndical…

« À terme géologique, le Doubs sera souterrain »

La difficulté est d’autant plus grande que, sur ce secteur, le Doubs ne bénéficie pas d’apport de matériaux naturels et que le matelas naturel est de très faible épaisseur. Reste cependant une certitude qui risque d’en crisper certains : « À terme géologique, le Doubs sera souterrain », prévient Cyril Thevenet. Si la réalité d’aujourd’hui établit ce secteur entre Arçon et Remonot , les prévisions géologiques établies par les experts évoquent le secteur allant de Pontarlier à  Morteau ! Ce n’est pas pour demain ou après-demain dans une vie d’être humain, mais cela semble inéluctable. Et difficilement envisageable aujourd’hui. Et pourtant…