Le covoiturage dans l'Arc jurassien

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Campagne des Régionales : et la coopération franco-suisse ?
12 mai 2021

Campagne des Régionales : et la coopération franco-suisse ?

Mobilité

Outre les 40 000 frontaliers qui travaillent en Suisse, ainsi que les 27 000 Suisses qui habitent la grande région, les coopérations entre la Bourgogne-Franche-Comté et la Suisse n’ont cessé de se multiplier et de se renforcer ces dernières années. Thème incontournable dans la campagne des Régionales 2021.

Avec près de 82 milliards d’euros, la Suisse est le premier investisseur direct européen en France, juste avant le Royaume-Uni et l’Allemagne. Et les 1 100 entreprises suisses en France, dont environ 70 en Bourgogne-Franche-Comté, représentent un total de 265 000 emplois.

C’est dire l’importance des liens entre les deux pays - liés par un traité de paix perpétuelle depuis maintenant 505 ans - en termes de développement économique comme d’échanges de savoir-faire.

Des programmes transfrontaliers

À commencer par la Bourgogne-Franche-Comté, où habitent près d’un quart des travailleurs frontaliers français et où le consul général de Suisse à Lyon est attendu en visite officielle fin mai pour une tournée de deux jours dans le Doubs, de Pontarlier à Besançon en passant par Morteau.

L’occasion de parler notamment, lors de ses rencontres avec les autorités régionales, du programme Interreg (66 M€ de fonds européens alloués entre 2014 et 2020 pour le développement de projets transfrontaliers) ou encore du récent changement de dénomination de la Conférence trans-jurassienne, appelée désormais Arcjurassien.org (et qui a permis en quatre ans de soutenir 27 projets associatifs pour un montant global de 115 000 €).

« Le premier enjeu est celui de la formation »

« Tout cela est bien rodé et facilite notre vie de part et d’autre de la frontière », observe la présidente de région Marie-Guite Dufay. « Et plus on se rapproche, plus la relation est concrète et personnelle. »

Consciente que « cet atout considérable peut, en cas de crise, se retourner, car nous avons une grande dépendance à l’égard de la Suisse, d’où l’importance de travailler avec nos voisins dans un échange fluide », elle relève que « tout ne dépend pas que de nos relations avec les ministres des quatre cantons suisses.

Le premier sujet en termes d’enjeux économiques est celui de la formation : faire en sorte que l’attractivité suisse ne déséquilibre pas la France. Nous ne jouons malheureusement pas à armes égales et nous n’avons pas suffisamment avancé sur ce sujet, pourtant présent dans nos têtes. Et si des coopérations s’opèrent, on n’est pas encore à l’équilibre. »

Quant à la qualité du dialogue ? « Les différences de traitement des stations de ski, cet hiver, de part et d’autre de la frontière ont créé quelques tensions », reconnaît la présidente de région.

« Le Territoire de Belfort et le canton du Jura constituent peut-être la zone la plus dynamique »

« C’était assez crispant, mais cela n’empêche pas que nous ayons réalisé un nouveau domaine skiable entre Nyon et Les Rousses. Nous avons aussi de beaux succès communs comme le parc naturel régional du Pays horloger et l’inscription du savoir-faire horloger au patrimoine mondial de l’Unesco , résultat d’un ensemble de mobilisations de tout l’arc jurassien dont nous sommes très fiers. Il y a aussi les importants travaux ferroviaires sur la ligne des Horlogers , avec quand même 25 M€ côté France. Et n’oublions pas les projets du territoire de Belfort et du canton du Jura, qui constituent peut-être la zone la plus dynamique en termes de relations et de dialogue franco-suisse. »

Et les Bourguignons dans tout cela ? « Ils ignoraient totalement cet enjeu franco-suisse avant la fusion, mais ils ont vite compris son intérêt considérable pour notre région. »

par  Textes : Pierre Laurent