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« La ligne des Horlogers, si elle n’est pas animée, mourra »
24 décembre 2021

« La ligne des Horlogers, si elle n’est pas animée, mourra »

Mobilité

Des présidents de communautés de communes et deux conseillers communaux suisses, dont les territoires sont traversés par la ligne transfrontalière, ont cosigné une résolution envoyée à l’Etat, à la Région et à la SNCF, entre autres, pour réclamer une desserte à la hauteur du potentiel voyageur.

                 

Les présidents des communautés de communes du Grand Besançon Métropole (GBM), du Val de Morteau (CCVM), des Portes du Haut-Doubs (CCPHD), de Loue Lison (CCLL), de l’agglomération urbaine du Doubs et les conseillers communaux de La Chaux-de-Fonds et du Locle, en Suisse, dont les territoires sont directement situés sur l’axe de la ligne des Horlogers, ont exprimé leurs positions, ce jeudi à Valdahon, en cosignant une résolution en faveur d’un renforcement de l’offre sur cette liaison ferroviaire. Ils l’ont envoyée à l’État, à la Région, à la SNCF et au Département, entre autres.

               

« Nous les appelons à travailler avec nous pour proposer aux usagers des solutions cohérentes et alternatives au réseau routier classique », soulignent-ils. « Nous saluons les investissements financiers du Conseil régional dans les travaux de modernisation de l’infrastructure. Nous nous réjouissons de l’annonce d’une amélioration de 15 minutes en moyenne des temps de parcours à l’échelle de la ligne. Nous constatons la volonté d’améliorer le matériel roulant, avec davantage de capacité d’occupation et un moindre niveau de pollution. L’accroissement des correspondances avec le TGV et avec les TER vers Dijon fait aussi partie des évolutions qui, pour nous, vont dans le bon sens. Mais nous soutenons que la desserte est en dessous du potentiel qu’offre cette ligne. »

               

François Cucherousset, président de la CCPHD, rebondit sur ce dernier point. « Nous avons besoin de cadencements supérieurs et d’horaires plus adaptés aux nécessités de ceux qui prennent cet axe pour le travail ou les études. Beaucoup ratent leurs correspondances. Cela ne les incite pas à préférer le train à la voiture. » Cédric Bôle, maire de Morteau, président de la CCVM, insiste sur le gouffre qui se creuse entre la gestion actuelle de la ligne des Horlogers et l’adaptation aux besoins réels des usagers. « La proportionnalité des deux n’existe pas pour le moment », déplore-t-il.

               

Théo Huguenin-Elie, conseiller communal de la ville de la Chaux-de-Fonds, estime que « 7 allers retours entre Morteau et ma ville sont insuffisants. Il faudrait les augmenter sur les heures de pointe. Nous pourrions ainsi, par exemple, renforcer le pôle économique transfrontalier jusqu’à Besançon. D’autre part, peut-on encore accepter du matériel thermique sur les voies ? Il faudrait relancer le débat fondamental de l’électrification de la ligne ».

               

                 « On oublie de consulter les usagers avant de prendre des décisions »                

               

Jean-Claude Grenier, président de la CCLL, craint une sous-utilisation de la voie. « J’ai le sentiment que la Région l’a sous-évaluée. Dans cette histoire, hélas, on oublie de consulter les usagers avant de prendre des décisions. On pond des ‘‘trucs’’ qui ne correspondent pas aux demandes du public. » Anne Vignot, présidente de GBM, tempère ces propos. « La responsabilité de l’État est importante aussi. Il nous demande de réduire les gaz à effet de serre et nous ne connaissons toujours pas, pour l’instant, les montants qu’il va investir dans les mobilités. La Région ne peut pas, elle seule, dépenser plus que ce qu’elle a déjà donné. »