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La pêche est interdite en France voisine, pas en Suisse
19 août 2022

La pêche est interdite en France voisine, pas en Suisse

Divertissement

La pêche est interdite en France voisine, pas en Suisse

Depuis le 17 août, il n’est plus possible de pêcher dans les cours d’eau de France voisine. Sur le Doubs franco-suisse, les pêcheurs ne se sentent pas concernés par l’interdiction.

En France voisine, les pêcheurs du Jura et du Doubs ont rangé leur matériel.

Le 17 août, la pêche a été déclarée interdite par arrêté préfectoral sur l’ensemble des cours d’eau de première catégorie du département du Doubs, jusqu’au 18 septembre inclus, date de la fin de saison pour cette activité. C’est aussi le cas dans le département du Jura depuis une semaine.

Le but est d’éviter un stress supplémentaire aux poissons (piqûres d’hameçons, suppression du mucus par contact, sorties de l’eau intempestives, stress des combats, etc.), dont les populations sont déjà mises à mal par la situation hydrologique actuelle.

Ce, compte tenu de la sensibilité particulière des espèces présentes dans les eaux où dominent les salmonidés.


Simple recommandation en Suisse

La décision a été prise à la demande de la Fédération du Doubs pour la pêche et la protection des milieux aquatiques. Celle-ci a en effet sollicité le préfet pour qu’il prenne des mesures visant à tenter de sauvegarder la faune piscicole sur les secteurs les plus sensibles.

Il est également demandé au public d’éviter toute pénétration dans l’eau (baignade, navigation…) dans l’ensemble des cours d’eau du département du Doubs, hors des sites de baignades surveillés et autorisés par l’agence régionale de santé. Dans le Jura, ces activités sont totalement interdites.

Si les pêcheurs ont pris les devants en France pour interdire leur activité favorite, ce n’est pas le cas en Suisse où seules des recommandations ont été émises, notamment par la Fédération Suisse de Pêche (FSP).

Dans une note très alarmante intitulée «Pour les poissons, la tragédie menace», publiée le 19 juillet, elle demande aux pêcheurs de renoncer temporairement à la pêche des espèces de poissons qui ont besoin du froid comme la truite et l’ombre. Mais aucune interdiction formelle n’a été prononcée.


Exception franco-suisse

La Fédération neuchâteloise des pêcheurs en rivière estime que l’interdiction ne serait pas une bonne idée, explique Thierry Christen, président de la société de pêche La Gaule.

«La présence des pêcheurs sentinelles au bord de l’eau et leur travail sont d’autant plus importants dans cette période délicate», défend-il. Mais ne peuvent-ils pas surveiller sans pêcher?

«Les pêcheurs s’abstiennent déjà depuis plusieurs semaines de pratiquer dans les endroits sensibles, telles que rivières canalisées et/ou peu ombragées», précise-t-il.

«Mais nous ne trouvons pas nécessaire d’interdire la pêche pour plusieurs raisons: la situation météorologique s’améliore, la situation topographique (vallées encaissées et arborisées) de nos rivières les expose moins, et tant que d’autres activités bien plus impactantes, telles que la navigation et la baignade, ont uniquement une recommandation de non pratiquer, il y a encore moins de raison d’interdire la pêche», estime-t-il.

Sur le tronçon franco-suisse du Doubs, les pêcheurs ne se sentent d’ailleurs pas concernés par l’arrêté préfectoral publié ce 17 août.

Christian Triboulet, président de la société de pêche la Franco-Suisse, rappelle que le Doubs, là où il fait office de frontière, est régi par des accords internationaux et que seul un arrêté spécifique peut y interdire la pêche. «On va donc continuer à y pêcher», prévient-il.

La FSP soulignait en juillet dernier que «le réchauffement de la planète et la multiplication des épisodes caniculaires montrent comment le changement climatique est devenu une réalité. Les habitats aquatiques sont particulièrement sous pression, et pas seulement pendant les épisodes de canicule. Les trois quarts des espèces de poissons indigènes sont menacées, en voie d’extinction ou déjà éteintes. Les populations de poissons sont en déclin depuis des décennies.»

Dès lors, ne faudrait-il pas leur laisser un peu de répit cet automne, même si les températures se rafraîchissent et que le niveau des eaux remonte?

«Ce n’est pas l’activité de la pêche, en bout de chaîne, qui pose problème. Mais plutôt les pollutions contre lesquelles les pêcheurs se battent à longueur d’année», répond Christian Triboulet.


Source: arcinfo