Le covoiturage dans l'Arc jurassien

Découvrez notre carte interractive

Par ici
Vent de révolte sur la ligne des Horlogers
23 décembre 2021

Vent de révolte sur la ligne des Horlogers

Mobilité

Les nouveaux horaires de la liaison TER entre Besançon et la Suisse, sur une ligne pourtant rénovée, suscitent la colère d’usagers, dont certains mettent 20 minutes de plus pour gagner Morteau depuis la capitale comtoise. Un courroux partagé par les élus français et suisses des bassins de population traversés.

                 

Surréalistes. Voilà comment des usagers de la ligne des Horlogers, qui vient d’être « modernisée », qualifient les changements qui leur ont été imposés le 13 décembre. Ils habitent à Besançon, Saint-Vit ou Belfort et travaillent à Morteau chaque jour. Ils sont profs, agents des finances publiques, de l’hôpital ou salariés d’entreprises privées. Depuis des années, à 6 h 30, ils prenaient un car TER au départ de la gare Viotte à Besançon, qui les déposait à Morteau à 7 h 45.

               

                 Retards à répétition                

               

Tombant des nues, les usagers apprennent qu’à partir du 13 décembre, leur bus est supprimé. Il leur faudra désormais embarquer dans un train TER, mais 20 minutes plus tôt, à 6 h 09, au départ de Viotte. Pour arriver à Morteau 20 minutes plus tôt ? Eh bien pas du tout. Car les voyageurs qui l’empruntent doivent en descendre à Valdahon… pour prendre ensuite un car qui les conduit à Morteau, arrivée 7 h 45, comme avant ! 

               

« On voyage donc vingt minutes de plus pour arriver exactement à la même heure, et avec un changement », s’amuse Cédric, employé de l’hôpital de Morteau. « Ça doit être le progrès. Mais le plus ubuesque est que le car qui nous récupère à Valdahon part toujours de Besançon à 6 h 30, mais en roulant à vide ! »

               

Et encore, ces 20 minutes de plus par trajet sont ce qu’il peut arriver de mieux à ces voyageurs. « Car très régulièrement, le train prend du retard entre Besançon et Valdahon. On est obligés d’alerter le contrôleur pour qu’il demande au chauffeur de car de nous attendre ». Ce qui n’est pas toujours le cas. Ce lundi 20 décembre, le car n’a pas patienté, et des usagers ont dû grimper dans le suivant, arrivant à Morteau avec une heure de retard.

               

« Lorsque les travaux ont été lancés sur cette ligne », note Murielle, psychologue du travail habitant Besançon et exerçant à Morteau, « la SNCF et la Région avaient annoncé un gain de temps . C’est tout l’inverse qui s’est produit pour nous ». Elle pointe aussi l’aberration de l’horaire de départ : « Avant 6 h, il y a très peu de bus Ginko qui circulent à Besançon. Moi j’habite à 20 minutes à pied de Viotte. Ce train, je ne peux pas le prendre ».

               

                 Plus rapide de faire Dijon-Paris                

               

Tétanisés par l’annonce d’une conférence de presse donnée ce jeudi par des présidents de communautés de communes français et suisses (lire ci-dessous), ni la communication de la SNCF, ni Michel Neugnot, le vice-président en charge des mobilités à la Région, n’ont souhaité commenter la situation.

               

Il semble que la mise en service du train entre Besançon et Valdahon soit destinée à desservir plus d’arrêts que le seul car TER, rendant cette portion, à ces nouveaux horaires, plus « rentable ». Au détriment des usagers se rendant à Morteau. Dont l’un résume, blasé : « Est-il normal de mettre plus longtemps pour se déplacer dans le même département que pour faire Dijon-Paris ? »